Aller au contenu

RAID GALLAECIA 2025, vu par Camille

Après le RIF 2024, j’avais envie de voir un autre raid ARWS. En Europe le calendrier proposait l’ITERA en Ecosse ou la Gallice. Mais entre les vacances en famille, la concurrence de SudRaid que j’ai déjà fait 2 fois, difficile de trouver beaucoup de motivés. En contactant l’orga espagnole, ils proposent le raid en binôme (same race, same maps, same everything). Allez c’est parti avec Ludo, un de mes acolytes du RIF que je sais capable de pagayer pour 4 et de pédaler longtemps.

En découvrant les sections et les temps rapides estimés par l’orga, on a beau tourner le truc dans tous les sens, mettre du sommeil un peu partout, diminuer notre vitesse de progression, on reste assez large sur les barrières horaires pour être « Full-Race ». Mais bon il va bien y avoir des aventures qui vont nous compliquer la vie…

Les 2 gros VTT avec 3000 puis 4000m de D+ me font peur, je n’ai jamais fait autant d’heures de vélo à la suite (on prévoit 24h sur S7 dont 2 à 4h de sommeil). Pour le reste ça a l’air plus classique, surtout en considérant S8a et S8b comme deux sections différentes (au début c’était un trek de 51km qui était annoncé).

On voyage en van depuis Toulouse pour rejoindre le camp de base, un hôtel balneario 4 étoiles. C’est confortable mais le temps est un peu longuet en attendant le début de la course car les formalités ou le briefing sont assez vite expédiés. On en profite pour découvrir le poulpe à la galicienne (miam) mais on tourne pas mal en rond quand même.

Briefing

Le briefing est assez classique avec le déroulé des sections, on y découvre l’arbitre de la course, un raider polonais qui s’occupe de la traduction en anglais.

Il y a 3 façons de valider les balises : toile avec la pince sur le passeport, pas toile mais une pince sur certains éléments évidents et avec une photo de l’équipe devant l’élément.

La surprise du jour c’est que le canyoning sur le VTT S5 a finalement une barrière horaire, on doit y arriver avant 21h15 lundi. C’est vraiment juste par rapport à notre timing prévisionnel et notre solution est de ne pas prendre de sommeil avant…

Section 0 – VTT neutralisé

On part tous ensemble depuis l’hôtel camp de base vers la ville voisine de Ribadavia. On est suivis par les participants du raid journée, on s’installe au parc à vélo super bien organisé et à 10h30 on a toutes les cartes sauf S1. Je me concentre uniquement à choisir les itinéraires pour S2 qui semble déterminante pour cette barrière horaire de canyoning.

Section 1 – CO urbaine

A 11h c’est parti, on récupère la carte Photo Aérienne de S1 et c’est parti. On décide de partir sur la grappe de balises lointaines qui nous fait suivre la grosse avenue de la ville au début, ça me parait le plus sûr pour rentrer tranquillement dans la carte.

On commence donc par la balise 3 « End of Path ». Là évidemment on est avec à peu près la moitié des équipes et on commence à entendre « camera-camera ». Surprise, l’orga s’est un peu mélangé les pinceaux avec le raid journée et ils ont oublié les pinces sur ces balises où il y a aussi un boîtier électronique qui ne nous concerne pas. Grr mon appareil photo est au fin fond de mon sac étanche qui est au fin fond de mon sac à dos, on voit tout le monde aller plus vite que nous c’est un peu rageant avec l’excitation de début de course mais bon on se calme c’est encore long. A la balise suivante on voit pas mal d’équipes qui galèrent à trouver la bonne ruelle, nous aussi mais un peu moins quand même alors ça nous redonne le moral. Les autres balises s’enchainent bien, on retrouve même une pince sur 2 d’entre elles.

Arrivés au parc à vélo on cherche où faire valider nos belles photos mais l’orga nous dit d’enchainer, qu’on verra ça plus tard, en fait ce sera jamais 😉

Section 2 – VTT à 3000D+

Allez cette fois c’est vraiment parti pour le raid, fini de rigoler. On s’est donné une douzaine d’heures pour cette section avec l’idée d’en finir dimanche à minuit.

Evidemment au début… ça monte. On essaye d’avoir un bon rythme de rando, histoire de pas se fumer les cuisses dès le début mais de ne pas y passer des plombes non plus. L’orientation se passe bien, les cartes IGN espagnoles sont très précises. On se fait un peu piéger par les retouches faites par l’orga qu’on voit en noir bien foncé. En fait c’est pas (forcément) une option intéressante alors qu’on avait l’idée que « s’il l’a rajouté c’est que c’est par là qu’il veut qu’on passe ».

C’est bien foutu, on intègre comme ça progressivement les pièges et la façon de tracer de l’orga.

La météo est très agréable alors qu’on avait craint la chaleur et on avance bien sur ces 4 cartes. On a petit à petit l’impression que tout le VTT peut passer de jour alors on garde le rythme et on arrive vers 22h à l’AT2. 2h de gagné c’est toujours ça de pris et on est optimistes pour le canyon.

S3 – trek de nuit 27km – 1200D+

On attaque le premier gros trek avec un taboulé lyoph à manger en marchant, la première balise est costaud physiquement et ça me coupe un peu l’appétit mais la suite se passe hyper bien avec notre train de marche nordique. On se force à trottiner seulement quand « vraiment c’est abusé ce faux plat descendant » mais on essaye de la jouer aussi à l’économie. Au cœur de la nuit je commence à faire quelques erreurs d’orientation, vite corrigées heureusement car c’est facile.

On a tourné dans le Monumento Natural Serra de Pena Corneira. C’est de la moyenne montagne avec du granit et de la forêt. C’est beau même la nuit !

On en finit alors qu’il fait encore nuit, on est très contents.

S4 – trek+kayak+trek+kayak+trek+kayak+trek 33km 810D+ 45km 1200D+

Ici il s’agit d’alterner les portions de trek et de kayak. On commence par une longue bambée pour trouver les kayaks (toutes les équipes sont d’accord l’orga n’a pas compté cet aller-retour dans le tableau). On embarque juste avant le lever du jour du lundi pour une première traversée de lac à l’azimut. On voit vite une petite loupiotte à viser et on trouve que l’orga est vraiment sympa de mettre ça pour savoir où débarquer. Non en fait ce sont les lumens des bateaux des autres équipes évidemment mais ça aide bien ! C’est parti pour la première CO sur une carte façon IOF. C’est sympa d’orienter mais par contre physiquement c’est ardu, on fait grosso modo tous les petits sommets de l’île. En plus je fais le choix douteux de descendre assez vite avant la balise 36 pour trouver un chemin qui se retrouve être bien défoncé par des travaux forestiers, on y laisse pas mal de temps et de jus.

On ré-embarque pour aller chercher la deuxième CO. Ludo commence à se plaindre du siège qui bouge dans le kayak, ce sera sa seule complainte du raid mais la solution à ce problème est surement dans le visuel suivant. 😉

Sur la deuxième CO je m’applique à faire des choix d’orientation plus sûrs, mais moins intellectuellement satisfaisants. M’enfin ça se passe bien.

Encore une vraie balise de kayak (la 47/97) et on rend les kayaks avant d’attaquer la longue bambée de retour. Cette fois on a bouffé le temps gagné sur les 2 sections précédentes mais c’est bien le jeu du raid !

Section 5 VTT+Canyon

On attaque cette section avec un grand sourire car on est très optimistes pour faire le canyon. Le début grimpe pas mal pour aller chercher les pistes d’éoliennes (j’aurais été déçu que ça n’y soit pas, c’est un peu l’image que j’avais du Raid Gallaecia) puis c’est une longue descente pour arriver au canyon. On fait attention à ne pas trop envoyer pour préserver notre matériel (les vélos, et… les fesses le dos).

Le canyon ne restera pas un grand souvenir de canyon mais c’était une bonne récréation.

Anecdote : on trouve une corde qui pend, on commence à se longer mais on entend notre arbitre en dessous qui nous conseille plutôt de sauter pour nous filmer. OK donc un petit saut sympa dans l’eau fraîche.

Il reste à rejoindre AT5 en évitant les routes interdites et avec un petit labyrinthe de pistes forestières. Le froid et la fatigue me font tergiverser et même m’énerver un peu. Ludo me calme et on se ressaisit pour arriver comme une fleur sur la portion autorisée. Ouf, maintenant on va pouvoir prendre un peu de sommeil.

Section 6 – trek de nuit 25km 1100D+

On est à l’endroit du camp de base mais l’AT est assez confortable avec de l’eau chaude donc on mange et on dort un peu (1h30). On repart avec de l’énergie pour ce trek au score (ordre libre – bon en fait il faut choisir un ordre croissant ou décroissant de balises). Je ne vois pas trop d’intérêt à partir dans un sens plutôt que dans l’autre alors on pense à nos copains qui suivent le tracker et on choisit l’ordre croissant pour la lisibilité 😂.

C’est une belle carte style IOF mais avec uniquement ce qui est intéressant pour la course. Par exemple ce muret est cartographié mais pas les 12000 autres de la forêt.

Le jeu sinon consiste à bien trouver les chemins et à éviter les routes interdites, l’exercice est amusant de nuit car on profite moins des paysages qu’on imagine bien sympas vu qu’on prend quand même pas mal de hauteur.

Section S7 – le VTT qui fait peur de 125km et 4000D+

Allez c’est parti pour la section très longue du raid. Mais on l’attaque dans de bonnes conditions. Nos vélos vont bien, nos fesses sont réparées, nos estomacs remplis, on est pile poil dans notre timing optimiste.

Par contre, le soleil commence à chauffer… On décide d’avancer tranquillement et de faire une sieste quand la chaleur sera trop forte. Première grosse montée sur route pour prendre de l’altitude (balise 64) puis ce sera une longue succession de pistes forestières. C’est assez roulant mais ça monte tout le temps alors la vitesse moyenne n’est pas impressionnante. On fait notre sieste prévue, sommeil bien plus réparateur que celui pris à l’AT.

On visite les ermitages, c’est dur, il fait chaud mais c’est beau et on a l’impression de jouer les touristes avec ces balises photos.

Coup de chaud gastrique pour Ludo sur cette partie. Il demande une pause pour visiter les fougères, j’en profite pour me poser. Je m’endors. Je me réveille tout seul… « Heu Ludo ça va ? » « oui oui ça va je termine ». Deuxième arrêt nécessaire une heure plus tard, il repart avec un Immodium qui va stopper le massacre. On ralentit sévèrement le temps d’être sûrs d’éviter une déshydratation et puis tout va mieux !

Après la balise 69 on arrive dans la ville de Bande où on trouve une petite supérette. Miam pile à l’heure de l’apéro alors Coca + Pringles. Je crois que même mes ados ne mangent pas les Pringles aussi vite… Enfin bref on se dit « qu’on s’est bien fait plaisir à Bande » (pour la blague de raiders c’est à prononcer en espagnole).

On continue jusqu’à la balise 71 qui est synchro avec le crépuscule de mardi soir. L’endroit est parfait pour un petit somme et comme j’ai tendance à faire mes conneries en orientation au crépuscule on dort 1h30. Sommeil très réparateur avant d’attaquer la longue montée qui suit et qui nous fera longer la frontière avec le Portugal. On avance sur une piste super large qui monte super fort, on trouve ça bien longuet mais on est quand même contents d’y être de nuit car là c’est sur pas un bout d’ombre.

On redescend ensuite sur la balise 74 puis 75 et enfin c’est l’attaque du Portugal avec une route qui présente moults portions à 18%, on pousse, on pédale on pousse on pédale on s’endort on pousse on pédale on fait une micro sieste, on croise les premiers qui sont déjà sur le retour. Cette fin de nuit est difficile mais on arrive au village de Castro Laboreiro dans notre timing au lever du jour. On voit du brouillard dans les montagnes de granit et on est contents de pas être en train d’orienter dans ce brouillard…

Section 8a – trek de jour autour de Castro Laboreiro

On attaque ce trek avec un bon moral, on a dormi dans l’AT en dur, on a mangé et on pense faire cette section avant la nuit, on est quasi sûrs d’être full race.

Le début est assez compliqué en orientation, on comprend qu’ici au Portugal, il n’y a vraiment que les chemins que l’orga a imaginé qu’on prenne qui sont sur la carte. Donc il faut toujours bien surveiller la boussole. Le chemin vers la balise 80 est particulièrement compliqué car tout hors chemin. Quand on commence à douter, l’altimètre nous rassure et un coureur solo (partenaire qui a abandonné lui est venu en voiture faire cette section) nous dit qu’il a vu le lac depuis là haut donc tout match. La progression est difficile dans la végétation. Mais on finit par tomber sur le lac quand on est à la bonne altitude (comme quoi la boussole et l’alti c’est quand même plus fiable que le ressenti au pifomètre).

Ensuite ça se simplifie même si ça reste exigeant physiquement. La balise 82 est un point de mesure géodésique à prendre en photo.

(oui finalement ils ont mis des toiles partout même pour les balises photos).

Section 8b – trek de nuit autour de Castro Laboreiro

On attaque cette section 8b encore refait après un passage bonus à l’AT avec lyoph et autres gourmandises. On arrive à faire la balise 84 de jour, c’est une des 2 balises qui a l’air technique en orientation. On est super contents, on sait maintenant que sauf accident on va finir full-race. Et heureusement car la balise 86 nous aura fait souffrir… tant et si bien qu’on décide de dormir pour la ré-attaquer au petit jour. A plus de 1000m d’altitude avec le vent il fait froid et mon bivy se déchire contre des cailloux, le sommeil est très médiocre c’est plus de l’attente en tremblottant. Finalement je finis la nuit dans le bivy de Ludo (mais ce qui se passe au Portugal reste au Portugal). Et au petit jour on la trouve du premier coup.

Une photo de nos larmes de sang pour immortaliser ce moment.

Malgré tout on a toujours gardé notre sérénité en sachant qu’on avait désormais le temps de jardiner. La fin est une longue marche pour retourner à Castro Laboreiro.

S9 – VTT qui descend

Enfin une section de VTT « facile ». On reprend cette route avec les portions à 18% pour retourner en Espagne, c’est un peu plus rapide en descente.

On visite encore quelques ermitages en guise de balises, on est contents que ça soit physiquement facile car ça y est il fait vraiment très chaud maintenant ! Mais on voit le bout du raid.

S10 – Kayak-trek-kayak

C’est parti pour la dernière section après une transition express. Un premier aller-retour pour aller chercher la balise 92. Les bateaux sont vraiment adaptés à cette rivière « dordognesque », ça va beaucoup plus vite qu’il y a un an en packraft ! Avec la certitude d’en finir dans la soirée qui arrive, j’ai vraiment la banane !

La portion de trek demande encore une bonne concentration en orientation. Ludo m’aide bien en me corrigeant et quand on pointe la dernière balise « End of Path » on se dit que la boucle est bouclée !

Un dernier morceau de pagayage et on se paye même le luxe de passer la ligne avant la nuit.

On joue le jeu du sponsoring en buvant la boisson isotonique de chez Zara (pas dégueu en vrai) mais on apprécie bien plus le buffet de tapas et la bière bien fraîche qui suivent.

Conclusion

Que du plaisir sur ce raid long ! L’expérience commence à payer et voilà un raid qui s’est passé sans problème du début à la fin. On est restés pile poil dans notre plan avec tout le temps l’esprit serein.

C’était vraiment une belle semaine où on découvre toute une région de manière hyper concentrée, c’est aussi une façon pour moi de passer de belles vacances.

L’orga est top et je conseille vraiment ce raid qui n’est pas si loin que ça de chez nous. C’est dur évidemment, c’est long évidemment, mais c’est quand même bien dosé et bien tracé. Bravo Raid Gaellicia !

2 commentaires sur “RAID GALLAECIA 2025, vu par Camille”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *